11.01.2009

L'HOPITAL PUBLIC AUX ABOIS

 

bracame-hopital.jpgEn proie à un déficit abyssal de 800 millions d'euros, pressé par les réformes du gouvernement, l'hôpital public est contraint de faire des économies. Mais , bien souvent des économies de bout de chandelle. Depuis la mise en place du plan "Hôpital 2007", rien ne va plus dans les hôpitaux ! Médecins, infirmières, aide-soignantes, ambulanciers etc. témoignent de la dégradation accélérée de leurs conditions de travail. Avec la mise en place de la tarification à l'activité, l'hôpital abandonne sa mission de service public de santé pour privilégier la gestion comptable plutôt que les soins et la relation avec les patients. Et tant pis pour les soignés et les soignants !

La recherche d'économies est poussée jusqu'à l'absurde, comme remplacer les couverts en inox par des couverts en plastique, moins chers mais aussi moins solides, et qui finissent par se casser quand les patients veulent couper leur viande par exemple. Ou bien choisir du papier essuit-mains de moindre qualité.

Sommés de revenir à l'équilibre budgétaire, les directeurs d'hôpitaux n'ont pas vraiment le choix et n'ont plus qu'un seul mot à la bouche : << rentabilité >> Un principe en contradiction avec les valeurs de service public et de légalité d'accès aux soins pour tous, et qui empêche d'offrir au patient la qualité de prise en charge qu'il est en droit d'attendre. Une qualité du séjour pourtant revendiquée dans les <<chartes du patient hospitalisé>> ! << On est en train de transformer l'hôpital public en usine à soins >> dénonce Rachel Bacher, psychiatre au C.H.U de Nantes.

Le responsable de cette dégradation est le plan "Hôpital 2007" lancé fin 2002. Cette réforme introduit entre autres, un nouveau mode de financement pour les hôpitaux la tarification à l'activité, et une "modernisation" de la gestion des hôpitaux publics appelée " nouvelle gouvernance" Un changement qui, petit à petit,à fait basculer la logique de service public vers une gestion comptable froide et déshumanisée dans laquelle toutes les dépenses sont passées à la moulinette financière. Quant aux patients, peu à peu appelés des "clients" on devra rentabiliser leurs soins. Chaque acte doit être codifié et facturé à la Sécurité Sociale pour remboursement. Plus il y'a d'actes, plus l'hôpital s'y retrouve, et au contraire, plus il y'a de temps morts dans la délivrance des soins, plus l'hôpital perd de l'argent ! On voit bien que c'est la porte ouverte à tous les abus !

Ce système incite les services à prendre en priorité les cas "juteux" et à laisser des patients jugés "non rentables" sur des brancards dans les couloirs pafois plusieurs jours d'affilé ! Les personnels soignants sont soumis à des cadences infernales, les gardes et les astreintes s'enchainent,  on leur en demande de plus en plus.  Les métiers de l'hôpital sont en plein blues : on estime que 17% du personnel à déjà envisagé d'abandonner la profession. A force de pression sur les durées de séjour, de manque de moyens en personnel comme en matériel, de repos de sécurité non respectés (avec les risques que cela fait encourir aux patients ) les soignants ne reconnaissent plus le métier dans lequel ils se sont engagés avec passion  et ils ont l'impression de travailler à la chaine comme à l'usine ! Ils se reprochent de maltraiter les patients.

<< On traite les gens comme de la bidoche!>> se plaint l'une. Là, une aide-soignante aux urgences affirme qu'elle passe ses journées à courrir dans tous les sens. Ici, un medecin urgentiste se plaint de la disparition du relationnel qui compte beaucoup pour lui et pour les malades, un autre, ambulancier dans le service de psychiatrie affirme qu'il lui arrive de se faire taper dessus et qu'il n'est pas là pour ça. Lui, aimerait un peu plus de reconnaissance.

Mais ce qui crystalise le plus les inquiétudes parmi le personnel, c'est que la féderation hospitalière de France (F.H.F) estime que, pour équilibrer les budgets hospitaliers, les établissements devront prendre des mesures de réduction de l'emploi et de la masse salariale. Le mot est lâché ! C'est donc un véritable plan social qui s'annonce : 20.000 postes doivent être supprimés ! Et même s'il n'y a aucun licenciement sec, puisqu les personnels ont le statut de fonctionnaire, et que cela prendra la forme de départs en retraite non remplacés et de départs volontaires, la saignée laissera des séquels. Aucun doute : le plus grand malade du système de santé est l'hôpital lui-même !

 

 

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