26.01.2009

DEPENSES DE L'ETAT : 2 POIDS, 2 MESURES

 


h-2-1036757.jpgJe regardais hier la rediffusion sur M6 replay du dernier numéro de Capital consacré aux dépenses de l'Etat. L'Emission s'ouvrait sur le train de vie de l'Elysée. On le sait, au sommet de l'Etat, la "rupture" voulue par Sarkozy s'est traduite, entre autres joyeustés, par une concentration du pouvoir à l'Elysée, et logiquement, l'activité du palais présidentiel s'est considérablement accrue et les dépenses ont explosées.

Le "prince" l'avait annoncé après sa prise de fonctions, il voulait plus de transparence sur le budget de la Présidence de la République, mais comparé à des pays comme l'Allemagne, la France a encore beaucoup d'efforts à fournir pour se mettre à niveau ! Il est vrai que sous ses prédécesseurs, on ne connaissait pas combien coûte réellement l'Elysée, le budget était très opaque, et pris en charge par différents ministères. Désormais, l'Elysée aura son propre budget.

Plus de 1000 personnes travaillent au "Chateau" au 55 Bd Saint-Honoré à Paris. Entre les frais de personnel, les visites officielles, les réunions, l'entretien du palais, du parc, les réceptions (partisanes) des députés UMP, les "frais de bouche" les nombreux voyages du Prince, le parc de véhicules, les résidences secondaires de la Présidence etc. Sans oublier la plantureuse augmentation de son traitement  de 7000 euros/mois à ...19330 euros net  (!) soit +172% quand l'immense majorité des français,eux, tirent la langue pour s'en sortir, et que plus de 50% des français ne gagnent même pas 1.500 euros net /mois, tout cela est scandaleux !

Ainsi, en 2008, le budget de l'Elysée "pèse" 110 millions d'euros et n'a jamais été aussi élévé que sous Nicolas Sarkozy ! Alors, sous couvert de "transparence" Sarkozy n'hésite pas à faire déraper le budget du palais présidentiel, comme si la "transparence" pouvait l'exonérer d'une gestion rigoureuse, de "bon père de famille" comme il aime à le dire ! Un député P.S qui cherche depuis un certain temps à mettre son nez dans les comptes pour voir s'il n'y a pas des irrégularités, se voit opposé une non-réponse à ses demandes...bonjour la transparence !

Mais tandis que le Monarque dans son palais mène grand train, avec même, sa dernière lubbie,  un "Air force One" pour faire bonne mesure devant Obama ( ben voyons!) l'Emission aborde ensuite le budget de la justice, qui est, par contraste, proprement scandaleux ! La France consacre ainsi seulement 6 milliards d'euros par an à sa justice, soit l'un des plus faibles budgets de l'Union Européenne ! La justice, c'est pourtant l'un des pilliers de notre démocratie, un droit fondamental, et la France, comme dans d'autres domaines essentiels, n'y accorde pas les lignes budgétaires nécessaires , la laissant partir à veau l'eau . La France consacre 53 euros par habitant à sa justice soit moins que la Croatie, qui arrive devant nous, avec 54 euros/habitant ou même les 76 euros par habitant de la Slovénie et loin des 106 euros par habitant de l'Allemagne, selon un rapport du Conseil de l'Europe !  On peut se poser des questions sur le sens des priorités de notre pays...

La France a l'un des systèmes judiciaires les plus pauvres d'Europe, indigne d'une grande puissance comme la nôtre, et ce sont les justiciables qui sont les premières victimes de ce manque criant de moyens, avec des conséquences opposées : des centaines de milliers de français attendent depuis parfois 3 ou 4 ans avant qu'un jugement ne soit rendu dans la justice civile, tandis que d'autre voient leurs droits bafoués et leur audience expédiée sans réellement pouvoir se défendre, en 15 minutes grâce à la procédure de la "comparution immédiate", réservée normalement aux flagrants délits, afin de désengorger les tribunaux à moyens constants !

Pour le ministère de la justice, il faut faire du "chiffre" : augmenter la productivité des magistrats, au détriment de l'instruction des dossiers et des droits des justiciables permet de se dispenser des embauches nécessaires de magistrats, de greffiers, de secrétaires etc. c'est au contraire à une baisse du nombre de recrutements auquel on a assisté depuis 2 ans. Pas étonnant dans ces conditions que les professions de la justice soient unanimement vent debout contre la mère Dati ! Ils ont fini par avoir sa tête, et c'est tant mieux...